En sortant de la ville de Tours la N 10 reprend un caractère plus "routier" avec une belle allée de platanes reliant le pont sur le Cher à la côte
de l'Alouette.
La route est aujourd'hui complètement noyée dans la l'agglomération tourangelle mais elle offre un court espace de verdure.
Juste avant la côte de l'Alouette, un pont de chemin de fer de la ligne Paris-Bordeaux du milieu du XIXè siècle (Tours est reliée à Paris en 1854) surplombe la
route.
Comme le précise la légende de cette carte postale du début du XXè siècle, le tracé de la N 10 passe alors par la commune de Saint Avertin. Au
cours de rétrocession de terrains dans les années 1960, la route Paris-Bayonne "reviendra" à la commune de Tours. Notez la roulote de gitans à droite, un homme confectionne un panier
d'osier.
Le même pont aujourd'hui, le campement de gitans n'est plus là et la ligne SNCF a été électrifiée. Quant à la route, un rond-point (d'où est pris le
cliché) a été aménagé au début de la côte de l'Alouette.
La côte de l'Alouette (km 234) permet à la N 10 de remonter sur le plateau de Champeigne tout en contournant
le parc du château de Grammont.
Aujourd'hui dédoublée cette côte est encore redoutée en cas de verglas. Deux stations y offraient leurs services: une Antar en montant (auourd'hui
recyclée en boulangerie) et une Elf en descendant démolie depuis le passage de la route en 2x 2 voies.
Au sommet de la côte, on trouvait quelques relais routiers qui permettaient de faire le plein tout en faisant une pause autour d'un verre ou d'un "casse-croûte".
Superbe photo (sens Paris-Province) des années 1930 du Relais-Garage de l'Alouette, distributeur des carburants Azur et lubrifiants Olazur. Ce que je pense être une Peugeot 201 (?) se ravitaille avant de descendre vers Tours. Notez aussi la publicité pour les apéritifs Berger juste avant l'Auberge de l'Alouette.
Photo des années 20 de l'auberge. La route est bordée d'arbres, les clients posent pour le photographe devant de flambantes autos.
80 ans plus tard, l'auberge est devenue une discothèque, les arbres ont disparu, la route dédoublée et séparée...
La N. 10 entame sa (pénible !) traversée d'une vaste zone commerciale ("Chambray 2") aussi insipide que toutes les autres....
Sanctuaire de la (sur)consommation, divers magasins, hyper et autres bricos ont anéantit les prairies qui bordaient la route. Seuls, quelques petits pavillons des années
1950-1960 subsistent, écrasés entre une solderie et un fast-food...
Le Restoroute de Chambray les Tours ouvre à la fin des années 1950 dans le sens Province-Paris. Grande nouveauté dans le domaine de la restauration routière ce concept fut élaboré par
le non-moins célèbre Jacques Borel. Ces établissements à l'ambiance clairement "américaine" offraient une restauration de qualité moyenne mais permettaient de déjeuner rapidement
avant de reprendre le volant (histoire de ne pas mettre en péril la fameuse "moyenne" !).
L'autre particularité de ces restaurants étaient d'être ouverts 24 heures sur 24, offrant divers services (boissons, snack, toilettes...) non-stop.
Photo du début des années 1960 du Restoroute qui accueille aussi bien les conducteurs de Simca Aronde, de Peugeot 203 que de cossues Américaines. Le
panneau insiste bien sur l'ouverture 24 h/24. L'agent d'etretien a d'ailleurs oublié de ranger le tuyau d'arrosage...
Le Restoroute à la fin des années 1960, quelques années avant l'arrivée de l'autoroute A 10. Le grand garage Renault s'est installée juste à
côté, à la même époque, sous le nom de "NERVA".
Une station-service Elf faisait face au restaurant, dans le sens Province-Paris.
Le Restoroute aujourd'hui. Desaffecté depuis longtemps il fait désormais partie du site de la succursale Renault. La terrasse a été démolie, les
parasols déposés, la haie arrachée. L'intérieur est resté celui d'un retaurant mais la pousière et le désordre ont remplacé la cohue de la clientèle pressée. Plus personne ne commandera de
steak-frites.
Je remercie "Gordinoche" du forum "Enseignes et façades de vieux garage" de me permettre de publier une photo de sa Renault 15 devant une
publicité peinte annonçant le Restoroute et le garage Renault "NERVA" encore avenue de Grammont.
Après avoir traversé la ZA de "Chambray 2" la N. 10 file plein sud vers Poitiers, prochaine grande agglomération, à 90 km de là tout de même.
A la sortie de Chambray, les usagers de la N. 10 se préparaient à affronter l'un des gros "points noirs" de la route Paris-Hendaye: le passage de Montbazon. Véritable goulet
d'étranglement, la N. 10 y franchit l'Indre avant de monter sur le plateau de Sainte Maure. Un passage à niveau juste avant Montbazon pouvait immobiliser le trafic sur plusieurs kilomètres à chaque arrivée de train.
Les embouteillages monstres lors des grandes transhumances estivales obligèrent les services de l'Equipement à mettre en place une déviation ponctuelle.
Panneau mobile situé entre Chambray et les Gués de Veigné à 5 kilomètres en amont de Montbazon. Le technicien de l'Equipement active le
panneau pour inciter les usagers à prendre un itinéraire de 11 km depuis les Gués de Veigné. Celui-ci permettait de passer l'Indre plus à l'ouest avant de revenir sur la N 10 à la
hauteur de Sorigny, en aval de Montbazon.
Le tronçon originel de la route est bien visible à droite de la photo.
Les embouteillages de Montbazon ne seront réellement résolus qu'à la fin des années 1970 avec l'ouverture de l'autoroute A10.
Vue aérienne d'un bouchon en juillet 1978.
La route des vacances est complètement saturée. On comprend mieux la nécessité de l'itinéraire de substitution, certes plus long de 10 kilomètres mais qui permettait de gagner un temps
appréciable !
On imagine aussi la "souffrance" des mécaniques qui chauffaient bien plus qu'aujourd'hui.
Cette vue permet aussi de bien distinguer le tracé d'origine de la route toujours encadrée de platanes (sens Province-Paris) de la seconde voie aménagée à la fin des années 1960 dans le sens
Paris-Province.
Le bâtiment au premier plan hérissé d'antennes n'est autre que la gendarmerie, aujourd'hui transférée au sud de la ville.
Le même endroit aujourd'hui.
Le bouchon de Montbazon a "sauté" depuis longtemps mais le passage de la ville reste cependant difficile chaque soir entre 17 et 19 heures.
La ville de Montbazon (km 243) a gardé quelques vestiges de l'époque où la RN 10
était un axe de liaison majeur.
Belle plaque de cocher en fonte qui peut être datée d'au-moins 1875. C'est en effet avec le rétablissement de la République que les routes
"Impériales" furent rebaptisées "Nationales" comme c'est ici le cas. Cette plaque est fixée à l'angle de la N. 10 et de la route de Veigné.
Juste sous la plaque de cocher, on distingue une plaque métallique (en tôle ou en aluminium ?) qui reprend les principales directions de la N. 10.
Cette plaque, probablement postérieure à la plaque de cocher doit dater du début du XXè siècle.
On peut encore y lire en bas l'indication "Châtellerault 55 K".
La route traverse l'Indre sur un pont où seuls deux véhicules peuvent se croiser avant de traverser le bourg sous le nom de "Rue Nationale".
Jolie vue de la rue Nationale juste après le pont sur l'Indre dans les années 1930. L'hôtel du Croissant à droite est devenu maison
d'habitation.
La rue Nationale bien peu encombrée toujours dans les années 1930, le garçon de café attend le chaland. La route tourne brutalement à gauche et
entame une raide montée vers le plateau de Sainte Maure.
Ce virage dangereux a été le théâtre de nombreux accidents comme celui d'un camion rempli de benzol en 1974. La citerne pulvérisa une façade ainsi quelques vitrines de commerçants. Le benzol, très inflammable, aurait pu provoquer une grave explosion dans la
ville c'est pourquoi le boulanger s'est abstenu de cuire du pain pendant trois jours !!
Le virage est aujourd'hui sécurisé avec deux feux rouges qui ralentissent la circulation dans les deux sens.
A la sortie de Montbazon, la N. 10 parcourt le plateau de Sainte Maure sur plus 20 kilomètres totalement rectilignes et simplement ponctués par la traversée
de Sorigny et du passage délicat de Pont Neuf. Quelques publicités peintes viennent rappeler l'intensité du trafic des années 1950 aux années 1970. L'autoroute A 10 n'est qu'à quelques centaines
de mètres plus à l'ouest.
Petite publicité assez défraîchie pour une station Azur (aujourd'hui disparue), 1500 mètres avant l'entrée de Sorigny.
La traversée de Sorigny (KM 249) s'effectue sans grande difficulté. Ce gros
bourg traversé sur toute sa longueur par la N. 10 s'étoffe depuis une vingtaine d'années. Ses espaces ruraux sont de plus en plus grignotés par la périurbanisation de l'agglomération
tourangelle.
L'automobiliste trouvait (et trouve encore !) de nombreux services en traversant Sorigny: garages, stations-services et relais routier.
Belle vue du garage
Sotom, agent Renault et distributeur des lubrifiants Azur au milieu des années 1930. Le garage, aujourd'hui disparu, était situé à l'entrée du bourg en venant de Tours.
Notez les volucompteurs à pompe avec leur globe lumineux bien pratiques lorsque la nuit est tombée.
Autre garage (concurrent !)
mais à la sortie sud de Sorigny. La garage Bussereau représente la marque Citroën mais ne rechigne pas à réparer les Renault comme le montre le panneau au losange. Le garage a même affiché le
panneau... Peugeot à la fin des années 1920.
Ici les carburants sont de marque Energic (Energoil pour les lubirifants) mais aussi Texaco.
Ce bel ecclectisme fait sourire lorsque l'on songe aux garages très stéréotypés d'aujourd'hui où tout est qualibré, de la façade à la référence du carrelage de l'atelier en passant par
la couleur des sièges du "show-room" comme on dit de nos jours...

Le garage existe toujours même s'il a changé de nom et d'activité. La construction primitive est toujours là (reconstruite en "dur" avec une toiture en bac acier), un pavillon
avec un atelier la jouxte depuis les années 1960. Ce garage est resté une agence Citroën jusqu'à sa fermeture au milieu des années 1990.
Le vieux garage est devenu un atelier de menuiserie, quant au pavillon c'est un magasin de pièces détachées par VW Coccinelle. Le petit atelier fait quelques réparations sur ces vénérables
autos.
Quelques belles publicités peintes sont encore visibles à Sorigny dont certaines sont encore en très bon état.
Superpositions de grandes marques françaises qui fleurent bon le milieu du XXè siècle: Huile Renault, le vin généreux au quinquina, les réfrigérateurs
Frigeavia.

Ici c'est l'apéritif Suze qui a eu raison de l'huile Hafa.

Superbe publicité au sud
de la commune pour les Huiles Renault "Spéciale Sport, huile de surpuissance", la fraicheur du jaune est étonnante.
Un important relais routier, le Relais de la Tour d'Isoré, accueillait les passagers à la sortie sud de Sorigny. Pour l'anecdote personnelle, ma maman y fut serveuse quelques mois au
milieu des années 1960.
Le relais à la fin des années 1960 est encore de plan
pied, les voitures stationnées laissent à penser à une clientèle populaire et de passage.
Le relais connait d'importantes transformations (avec l'ajout d'un étage) au tout début des années 1970 pour devenir un établissement capables d'accueillir une clientèle toujours plus
nombreuse. Malheureusement, l'ouverture de l'A 10 qui passe à 1 kilomètre de là va considérablement réduire le trafic sur la Nationale et condamner les grands relais routiers à un inexorable
déclin.
Le relais en 2005 s'était reconverti en boutique de produits portugais. Il semble être devenu aujourd'hui une (très grande !!) résidence principale d'un particulier mais il garde encore
toute sa décoration d'époque.
En sortant de Sorigny, la Nationale poursuit sur le plateau de Sainte Maure. La route est belle, droite et souvent en trois voies. Au km 259, elle effleure le bourg de Sainte Catherine de Fierbois où Jeanne d’Arc logea lors de son épopée le 5 mars 1429.
Peu après Sainte Catherine, subsiste une gloire déchue du trafic routier des années 1960 et 1970. Le relais routier « Paris-Biarritz » portait bien son nom. C’était l’un des arrêts majeurs des automobilistes, ouvert quasiment 24 heures sur 24.
Mon père, qui travaillait à l’usine Michelin de Joué les Tours, se souvient d’un chauffeur de car qui vers 1974 s’arrêta au petit matin au « Paris-Biarritz » pour fêter les 1 000 000 km de son SAVIEM en payant une tournée générale !
Devenu une pizzeria dans les années 1980, le « Paris-Biarritz » est aujourd’hui fermé, pratiquement à l’abandon.
Juste après, la route descend dans la « cuvette » redoutée de « Pont-Neuf » qui enjambe le ruisseau de l’Etang. Cette minuscule vallée est délicate à passer encore aujourd’hui pour les poids lourds en cas de neige et de verglas.
Les accidents dans le sens Paris-Province ont été nombreux, les pouvoirs publics ont en partie résolu le problème en réduisant la route en deux voies (trois il y a encore quelques années).
La R.N. 10 remonte sur le plateau avant d’arriver dans la capitale du fromage de chèvre en bûche ! Une belle allée de platanes a été décimée lors de l’élargissement de la route, les arbres sont encore présents sur le côté droit de la chaussée.
La ville de Sainte-Maure de Touraine (KM 265) est intimement liée à la Route Nationale 10 qui la traverse du nord-est vers le sud-ouest (même si le centre ville est légèrement situé plus à l’est). La route est considérablement élargie dans Sainte-Maure et ce, bien avant l'ère du tout-automobile.
Cette petite ville est un important relais gastronomique sur la route Paris-Hendaye, les automobilistes et les chauffeurs routiers partis à l’aube de Paris arrivaient à Sainte-Maure à l’heure du déjeuner. Le nombre de restaurants était considérable, quelques-uns subsistent encore.
Sur ce premier cliché du début du XXè siècle, on distingue en arrière-plan la R.N. 10 qui descend depuis Tours encadrée d’une belle allée de platanes. Le trafic routier est nul et les piétons peuvent déambuler sur la voie sans risque.
Quelques années plus tard, probablement dans les années 1910, les pionniers de l’automobile s’aventurent sur les grandes routes de France. Une auto et son chauffeur se ravitaillent à l’hôtel de la Boule d’Or (qui a fermé au début des années 2000) où l’atelier Boutin répare les cycles, autos et motos. Le trafic reste encore très limité.
Dans les années 1930, l’automobile se démocratise peu à peu. Sur la route nationale les ateliers de réparations commencent leur lente mue pour devenir les premières stations-services. Une Citroën Rosalie n’a pas hésité à couper la route pour venir faire le plein d’ « Energic » chez cet agent Renault et Peugeot. Notez les deux volucompteurs à boule blanche et le char à huile « Energol » tout à fait à droite.
Autre cliché de la fin des années 1930 pris de l’autre côté de la route. On remarque deux belles Peugeot 402 à la superbe « ligne fuseau ». Un camion de déménagement Citroën probablement en route vers le sud fait une pause au « Café des Sports » ou au « Café et hôtel de l’Etoile » juste à côté. Le trafic s’intensifie, la signalisation routière s’améliore comme le montre les deux belles plaques en fonte à gauche. Elles indiquent les directions de Poitiers et de Tours.
Le même « Café des Sports » dans les années 1950 devenu « Hôtel Restaurant des Sports » (en vente depuis 2009) en ayant fusionné avec son voisin.
Une Panhard Dyna Z et une Peugeot 203 sont sagement rangées en épi. Leurs conducteurs dégustent peut-être une bière « Panther Pils » comme le suggère la publicité peinte sur la façade.
Après avoir été rebaptisé "La Gueulardière" avant de devenir quelque temps un restaurant chinois, l'ancien Café des Sports est aujourd'hui fermé et en vente.
La publicité pour la bière Panther Pils, "Grande Bière Export" comme le vante le slogan, est encore visible sur le pignon derrière le Café des Sports. Cette marque était l'une des nombreuses filiales des Brasseries de Moselle.
Revenons dans les années 1960, les platanes sont peu à peu abattus. Une station « Mobil » est visible en arrière plan en direction de Tours.
Une DS, une Ami 6, une 2 CV et une Dauphine sont stationnées devant un autre relais gastronomique « Le Cheval Blanc » (13 chambres) dont l’enseigne est probablement un ancien cheval de manège. Le restaurant est aujourd’hui toujours en activité.
Entre « Le Cheval Blanc » et le « Restaurant des Sports » on trouvait le restaurant du « Veau d’Or », une étoile au Michelin dans les années 1960 ! Parmi les spécialités, on notait la terrine de foie de volailles truffée ou encore le poulet de grain sauté aux cèpes.
La même vue au début des années 1970, la chaussée est désormais séparée par un petit terre-plein central et éclairée par de grands lampadaires. Une Renault 16 et une 2 CV filent plein pot vers Tours alors qu’une Ami 6 attend au stop. Pour les amateurs de détails, le panneau « Mobil » a été modernisé
Aujourd'hui, les lieux n'ont pas beaucoup changé. Le café du Pignon à gauche a changé de publicités, adieu à Martini, bonjour à la bière d'abbaye. La décoration du restaurant du Cheval Blanc est plus sobre. La station Mobil a fermé depuis une dizaine d'années. La signalisation au sol est passée du jaune au blanc.
Les Ami 6 et autres Renault 16 ont fait place aux Picasso et Scénic...
Autre vue plus générale toujours au début des années 1970 au niveau du restaurant des « Sports ». Notez la belle publicité peinte pour la bière « Panther Pils » à droite.
La RN 10 dans sa configuration actuelle avant d'importants travaux courant 2010 pour passer la chaussée en 2x1 voie pour ralentir la circulation et végétaliser un peu la plus grande artère de Sainte Maure de Touraine.
Pour achever cette (longue !) partie consacrée à Sainte Maure, j'ai retrouvé quelques petits témoignages du passé.
Plaque de cocher au coin de la RN 10 et l'ancienne route de Loches.
Sous la plaque de cocher, les vestiges d'un atelier de maréchal ferrant et de sellerie. Sûrement très actif au début du XX siècle.
Plus contemporaine, une publicité peinte pour les coiffants "Forvil" pour être parfaitement gominé au volant de la Dauphine !
La RN 10 quitte Sainte-Maure vers le sud en passant devant un beau garage dont l'activité remonte aux années 1930. Baptisé alors "Relais Paris-Pyrénées" la garage Dupuis distribuait les lubrifiants et carburants "Veedol" et "Antar". On peut remarquer sur ce cliché le char à huile qui permettait aux autos contemporaines de recevoir leur dose d'huile.
Après avoir été spécialisé dans la mécanique agricole entre les années 1960 et les années 1980, le garage est aujourd'hui fermé mais le bâtiment est bien entretenu même s'il a perdu ses deux colonnes. L'arrière-cour servait de dépôt d'une grande surface de bricolage à l'époque de cette photo.
Au sud de Sainte-Maure, on trouve l'un des plus beaux vestiges de "l'âge d'or" de la RN 10, une ancienne station-service désaffectée à l'architecture très typée années 1950.
Jouxtant un restaurant routier, elle fut bâtie vers 1955 et distribua des carburants Azur puis Total (on peut encore apercevoir le liseré bleu sur la façade) jusqu'à la fin des années 1980 avant d'être recyclée en bureau de vente de voitures d'occasions.
Son totem fut alors un support de publicité au restaurant "L'Etoile du Sud" aujourd'hui fermé.
Abandonnée depuis quinze ans au moins, elle n'est plus accessible en voiture et elle se dégrade d'années en années. Espérons qu'elle échappe à la démolition et qu'elle soit conservée comme patrimoine routier.
Cette station est notamment à l'origine de mon intérêt pour cette grande route Nationale depuis 1993 date à laquelle j'ai acheté mon Ami 6. J'y fit de nombreux clichés avec l'Ami 6 stationnée sous la grande "visière". J'y suis revenu avec mes différentes voitures, chacune posant à tour de rôle avant qu'une clôture soit posée.
La photo de mon ID 19 ci-dessous date de 2001, on peut encore y voir à l'intérieur le panneau "Les Routiers" qui annonçait le restaurant voisin.
La station photographiée mi-juin 2010, les vitrines ont malheureusement été brisées et le lierre gagne l'arrière du bâtiment.
Le restaurant "Le Bellevue" situé juste à côté de la station était réputé. Il accueillait 24 heures sur 24 les automobilistes, les chauffeurs routiers mais aussi les jeunes de la région qui en sortant des bals savaient qu'ils trouveraient un endroit ouvert au petit matin.
Les propriétaires avaient fait éditer une série de cartes postales distribuées dans la région. Vous pouvez y admirer la décoration en "ronce de formica" typique des sixties !
Le "Bellevue" devenu entre temps "L'Etoile du Sud" a aujourd'hui totalement cessé son activité de restauration.
La route effleure le Menhir de la Pierre Percée (KM 269) haut de plus de 4 mètres avec un trou qui lui donne toute sa particularité.
La RN 10 est ici particulièrement belle, large et dégagée épousant le relief avec harmonie. Elle fut néanmoins le théâtre de tragédie comme le massacre du village de Maillé distant de la route de deux kilomètres.
En août 1944, à la suite de différents accrochages entre les forces d'occupation et différents groupes de Résistants, une colonne de l'armée allemande investit le bourg de Maillé, abat les habitants avant d'incendier le village. On dénombrera 124 victimes dont certaines sont âgées de moins d'un an...
Un monument sur le bord de la RN 10 rappelle la tragédie.
Une maison du souvenir a ouvert ses portes il y a quelques années. N'hésitez pas vous y arrêter pour découvrir ce massacre relégué au second plan par celui d'Oradour sur Glane (Haute Vienne).
La RN 10 achève sa traversée du département de l'Indre et Loire par la commune de la Celle Saint Avant (KM 275) .
La route traverse toute la commune du nord au sud. Le centre du bourg a été complètement réaménagé à la fin des années 2000 pour ralentir la vitesse des véhicules et offrir une plus grande sécurité aux piétons.
Vue de l'entrée nord de la Celle Saint Avant à la fin des années 1950. Une ID 19 et un Type H sont stationnés en direction de Poitiers alors qu'une Renault 4 CV file vers Tours. L'allée de platanes en arrière-plan a disparu depuis longtemps.
Notez les publicités peintes et les superbes pompes Shell encore équipées de globes lumineux. Celle du premier plan distribue du "Gas-Oil", la petite pompe blanche quant à elle ravitaille les cyclomoteurs en mélange 2 temps.
Autre cliché pris à peu près au même endroit mais en direction du sud et quelques années après. Une Simca Aronde premier modèle attend devant les pompes désormais abritées par un petit auvent lumineux. Le logo Shell a lui aussi évolué.
Juste en face, le café du Croissant et sa modeste terrasse en bord de route offrait une gamme diversifiée de rafraichissements ! Bière Panther Pils, anisettes Ricard ou Berger, Orangina, il y en avait pour tous les goûts. Le bâtiment n'existe plus aujourd'hui, il a laissé place au petit parking d'un restaurant.
Le restaurant routier "La Caravane" est aujourd'hui le dernier témoin de l'activité intense que la RN 10 pouvait procurer à la Celle Saint Avant.
Le voici au début des années 1960, un poids-lourd et quelques automobilistes y font "escale" à l'ombre des platanes.
Photographié au milieu des années 2000, le bâtiment n'a pas vraiment changé. La petite terrasse donnant sur la route a disparu au profit d'une extension sur le devant.
La propriétaire d'alors m'avait affirmé que ce restaurant avait servi au tournage fin 1955 du film d'Henri Verneuil "Des gens sans importance" avec Jean Gabin. Après l'avoir visionné attentivement, le relais routier "La Caravane" dans lequel s'arrête le camionneur Jean Viard (Jean Gabin) n'est pas celui de la Celle. La plupart des scènes sont d'ailleurs tournées aux studios de Boulogne-Billancourt et les seuls extérieurs montrent un bâtiment isolé sans aucune construction aux alentours.
La grande salle renferme néanmoins une curiosité, le plafond est recouvert d'une immense carte routière de la France peinte. Y figurent les principaux axes routiers, les grandes agglomérations ainsi que les distances qui les séparent. Dernière originalité, les noms sont peints à l'envers. Excellent mémento pour les chauffeurs routiers !
La "Caravane" reste aujourd'hui un important relais routier de la RN 10, en atteste le nombre de camions garés sur le vaste parking chaque nuit de la semaine.
On trouve aussi à La Celle Saint Avant de nombreuses publicités peintes et des garages dont certains sont encore en activité.
La traversée de la Celle Saint Avant (et de l’Indre et Loire) se termine un petit hameau à proximité de la Creuse, le "Corps de Garde".
Cette "frontière" entre deux départements mais aussi entre deux régions (Centre et Poitou-Charentes) existe en fait depuis des siècles. Elle séparait déjà la Touraine du Poitou bien avant la Révolution. La Touraine était une province où le sel était lourdement taxé (pays de grande gabelle) alors qu'en Poitou la gabelle était beaucoup plus légère facilitant la contrebande entre les deux rives de la Creuse. Lors de la construction du pont au milieu du XVIIIè siècle, on y ajoute deux petits bâtiments pour contrôler le passage de la Creuse. Un hameau s'est alors développé depuis ce petit "Corps de Garde" !
Contrairement à ce qu'affirme la légende de cette carte postale, ce cliché a bien été pris en Indre et Loire au Corps de Garde, juste avant le pont que l'on distingue en arrière plan.
Ce pont fût construit sous l'impulsion du secrétaire d'Etat à la guerre de Louis XV, Voyer d'Argenson.
Lorque ce-dernier achète le château des Ormes (à 5 kilomètres de là) il souhaite relier plus directement sa propriété à la route royale. Ce nouveau pont sur la Creuse modifie en profondeur le tracé de la route d'Espagne délaissant la ville de La Haye (aujourd'hui Descartes) au profit d'une liaison plus directe entre la Touraine et le Poitou.
On distingue sur la photo les deux petits bâtiments de part et d'autres de l'entrée du pont permettant de contrôler le franchissement de la Creuse. Il furent démolis dans les années 1950 lors de l'aménagement de la déviation de Port de Piles sur l'autre rive de la Creuse.
Une plaque en tôle fixée au milieu du pont marque le passage de la RN 10 de l'Indre et Loire dans la Vienne. Elle porte encore l'inscription "N 10 "sur cartouche rouge, une relique depuis le déclassement de la route en départementale !
Pour continuer sur la N 10: La Route Nationale 10 de Port de Piles à Poitiers
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